30/062022

Ronan LABAR, licencié au Aix Université Club Badminton, club universitaire de l’Union Nationale des clubs Universitaires (UNCU) s’est confié à nous lors d’une interview. Pour information, il est classé 5ème français en double mixte, 12ème en double homme et 77ème en simple homme. Retrouvez l’interview :

 

Bonjour Ronan LABAR, merci déjà de prendre de ton temps pour cette interview et pouvoir faire un article sur toi et ton club d’Aix Université Club. Je vais te laisser expliquer ton parcours et ta carrière.

 

Ronan : Bonjour à tous, je m’appelle Ronan LABAR, je suis joueur de badminton, membre de l’équipe de France depuis un peu plus de 10 ans maintenant, licencié au club d’Aix-en-Provence depuis 17 ans. Je suis spécialisé dans le double homme et double mixte. J’ai été 8 fois champion de France en double homme et en double mixte. Malheureusement jamais champion de France avec le club d’Aix. On a participé à de nombreuses phases finales, on a été vice-champion d’Europe avec le club et plusieurs fois vice-champion de France mais il manque un petit titre à accrocher. A côté de ça, je suis professeur d’EPS depuis 2012.

Merci pour cette présentation, est-ce que tu peux expliquer pour les personnes qui sont amatrices, qui méconnaissent le badminton en France, comment cela fonctionne au niveau du classement, des compétitions en France et à l’étranger.

 

Ronan : Alors au niveau international, on a un fonctionnement quasi similaire au tennis c’est-à-dire que l’on a des Open internationaux de différents niveaux, les mieux côtés s’appellent les Super 1000, c’est un petit peu l’équivalent des Grands Chelems au tennis. Ensuite ça descend avec des Super 750, Super 500, Super 300, Super 100 puis des tournois européens qui s’appellent les internationaux Challenge ensuite ça continue de descendre. Notre classement mondial se fait sur la moyenne de nos 10 meilleurs résultats sur l’année donc après c’est tout une programmation de tournois, de choix stratégiques en fonction de son classement savoir s’il faut aller sur des gros tournois ou aller sur des tournois un peu plus faibles, essayer de les gagner et remporter plus de points. Un joueur international fait une vingtaine de tournois dans l’année en moyenne sauf les années de qualification olympique où là les joueurs peuvent aller jusqu’à 30 tournois. Au niveau français, le meilleur classement est N (national) 1, N (national) 2, N (national) 3 puis R (régionaux) 4, R (régionaux) 5, R (régionaux) 6 puis D (départemental) 7, D (départemental) 8, D (départemental) 9 et enfin P 10, P11, P12 qui est le premier classement que l’on peut avoir en badminton. Donc moi actuellement je suis N1 dans les 3 tableaux. Et ensuite dans les N1, nous avons un Top 100 français qui permet de définir si l’on est plutôt dans les 4/5 premiers ou 20/30ème. Ce classement est fait sur la moyenne des points que l’on marque sur les compétitions internationales, les interclubs et les compétitions nationales, tout ceci est pris en compte dans le classement français.

 

 

Toi à titre personnel dans ton calendrier tu fais une tournée internationale, tu as l’équipe de France, comment arrives-tu à assimiler tout ça ?

 

Ronan : Alors, depuis que j’ai intégré l’équipe de France, on a en priorité un calendrier international. En France, les compétitions que l’on va avoir seront les interclubs sur 10 journées plus les phases finales et en général on fait aussi les championnats de France une fois dans l’année qui sont début février mais on ne fait pas forcément des tournois français en plus. Par contre, on a des tournois internationaux en France, on en a 3 notamment avec les internationaux de France à Coubertin qui est un Super 750, l’Open d’Orléans Masters qui est un Super 100 et on a un international Challenge à Nantes depuis cette année. On fait ces trois tournois en France mais qui comptent pour le classement international.

 

Selon la taille du tournoi, il y a plus ou moins de points et de dotations attribuées ?

 

Ronan : Exactement, il y a les points ranking qui sont différents et le prize money aussi. Par exemple, un international challenge si on le gagne, on marque 4 000 points au classement alors que si l’on fait un tournoi Super 1 000 dès le premier tour on marque 3 000 points. Si l’on passe en 8ème de finale, on marque déjà 4 700 points. Pareil pour les prizes money, en international challenge, ils commencent en demi-finale alors qu’en Super 1 000, il y en a dès le premier tour.

 

Ronan

 

Est-ce que tu pourrais expliquer ton lien avec ton club d’Aix Université Club au quotidien dont tu es licencié ?

 

Ronan : Alors c’est une longue histoire, j’ai signé dans le club à 15 ans que je suis rentré en sport-étude. Il faut savoir que le club d’Aix est le gros club de la région sud avec le club de Fos-Sur-Mer maintenant. Donc j’ai fait un petit peu toutes les étapes dans le club, j’ai commencé en national 2 puis petit à petit j’ai intégré l’équipe de Top 12 pour en devenir les deux dernières années le capitaine. Aujourd’hui, c’est moi qui réfléchit un petit peu aux recrues, aux compositions sur le terrain, … C’est ma manière de m’impliquer de plus en plus dans le club. Pour l’instant, je ne suis pas encore sur d’autres types d’implications car avec ma carrière internationale ça demande beaucoup de temps mais à long terme je réfléchis à faire partir du comité exécutif du club ou venir auprès des jeunes. Sur certains tournois, j’essaye de passer pour coacher un petit peu les enfants mais ce n’est pas quelque chose de régulier pour le moment mais ça risque de le devenir.

 

A titre personnel, quels sont tes prochains gros objectifs, je me doute qu’il y a les JO de Paris 2024 mais peut-être d’autres au programme ?

 

Ronan : Alors, en effet les JO est le gros point de mire avec probablement une fin de carrière à ce moment-là pour moi donc se serait génial de finir là-dessus. Entre temps, dans le badminton on a les championnats d’Europe, des championnats du monde chaque année donc ce sont deux gros objectifs annuels avec des médailles à aller chercher. Au niveau des championnats du monde, nous n’avons pas de médaille française depuis 2008 mais déjà chercher un quart de finale c’est des choses que l’on a fait avec l’équipe de France et en parallèle on a différents tournois pour avoir un bon classement. A savoir, dès la semaine prochaine un international challenge en Italie à Milan. Ensuite, un autre tournoi peut-être en Indonésie, un Super 1 000 courant du mois de juin et enfin un international challenge à Nantes.

 

La semaine passée, tu avais un tournoi important avec ton équipe d’Aix, est-ce que tu peux expliquer comment ça s’est passé ?

 

Ronan : On avait les phases finales du Championnat de Top 12, lundi et mardi 23,24 mai à Mulhouse avec Aix on avait fini premier de la phase régulière de notre groupe. Le top 12, c’est deux poules de six avec les 2 premiers de chaque poule qualifiés pour les phases finales. Le club d’Aix avec une superbe saison a rencontré Strasbourg, 2ème du groupe 2 et malheureusement le club s’incline par 6 matchs à 2. Les formats de rencontres sont sur 8 rencontres, deux simples hommes, deux simples femmes, 1 double homme, un double dame et deux double mixte. Le meilleur club sur les 8 rencontres s’impose. En cas, d’égalité un match mixte en or permet de départager le vainqueur. On ne va pas se le cacher, il y a de la déception et des contre-performances et deux blessés dans l’équipe. Le lendemain, la petite finale contre Mulhouse a aussi été clôturée par une défaite 5 à 3.

 

Ronan et équipe Aix

 

Mais une saison régulière intéressante et de belles perspectives pour l’année prochaine ?

 

Ronan : Oui, une très belle satisfaction de finir à la première place du championnat, ça a été une année très compliquée entre le Covid, l’absence de nombreux joueurs, on a aussi une joueuse russe qui n’a pas pu participer à la fin de saison donc ce sont des aléas que l’on a su gérer de belle manière. Pour l’année prochaine, on a toujours cet objectif d’aller dans les phases finales et de gagner un titre qui fuit le club depuis 2005. Le club d’Aix ayant été champion de France à trois reprises en 2000, 2002 et 2005. Sur les quatre joueurs garçons, on est les 4 depuis plus de 10 ans, ce qui est assez unique en France donc on cherche à se renouveler avec de jeunes joueurs mais c’est compliqué et la concurrence est de plus en plus rude.

 

Sur le long terme, quand tu lâcheras ta raquette, est-ce que tu te vois encore dans le club ?

 

Oui, je pense que les attache feront que je resterai proche du club. Des joueurs qui font leur carrière dans le même club, il n’y en a pas beaucoup donc si je ne suis pas parti pendant ma carrière, il y a peu de chance que je parte après. Dans quelle mesure je m’investirai je ne sais pas encore. C’est sûr que je pourrais apporter une expertise ponctuellement sur des compétiteurs ou sur des jeunes qui veulent avoir un projet de développement très fort. Ce sera sûrement des choses à définir après 2024 quand je mettrai ma carrière internationale de côté mais oui l’envie est là de continuer au club de faire partie de l’élite sur le Top 12 mais aussi d’être un des plus gros clubs de France en terme de licenciés et de pratique.

 

On en a terminé avec les questions, est que tu aurais un conseil ou un mot pour une personne qui souhaiterait performer au plus haut-niveau ?

 

Ronan : Il faut surtout faire ce que l’on aime, moi j’ai eu la chance de rentrer dans le monde du badminton par hasard. J’y ai pris goût et une fois à l’intérieur, je m’y suis donné les moyens que je n’aurais pas forcément pensé être capable de mettre quand j’étais plus jeune. Ça demande des sacrifices mais quand on est heureux et avec le sourire, ça passe bien plus facilement. Un autre petit truc personnel, moi j’ai eu mon concours de professeur en 2012 et mes plus belles années de sportif ont eu lieu après ça. Puisque j’avais une satisfaction et une certitude sur mon avenir, atteindre le métier que je voulais faire étant jeune et ça m’a totalement relâché dans ma pratique. C’est à ce moment que mon niveau a grimpé de manière significative. Et puis un petit mot sur les clubs, moi je suis très attaché aux joueurs et à l’affect qu’ils ont pour lesquels ils signent notamment sur le long terme ou pour des missions par exemple avec les jeunes du club sur la communication. On voit trop de joueurs qui sont un peu mercenaires car c’est là qu’ils ont la meilleure offre et qui changent au bout d’un an ou deux ans. Forcément, l’aspect financier est important, on ne va pas se le cacher mais il faut trouver le juste milieu et en général lorsque l’on s’investit dans un club, le club nous le rend et c’est ce qu’il s’est passé de mon côté et à un moment on n’a plus envie de partir.

 

Ronan remise

 

Retrouvez l'intégralité de l'interview en cliquant sur la photo :

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Ronan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un grand merci Ronan pour cette interview !