01/042022

Erwan KONATE, licencié au Amiens Université Club, club universitaire de l'Union Nationale des Clubs Universitaires (UNCU) s'est livré pour nous lors d'une interview.

 

Voici l'interview :

 

Bonjour Erwan KONATE, merci de prendre du temps pour répondre à cette interview. Est-ce que tu peux te présenter et expliquer ce que tu fais ? 

 

Erwan : Bonjour, merci de faire cette interview avec moi. Je m’appelle Erwan KONATE, j’ai 18 ans, originaire d’Amiens, je suis licencié au Amiens Université Club. Je fais de l’athlétisme au niveau professionnel comme spécialité le saut en longueur et je suis aussi étudiant à l’EM Lyon Business School de Paris. Je vis en ce moment à l’INSEP au bois de Vincennes à Paris et j’étudie aussi en même temps en école de commerce.  

 

Est-ce que tu peux expliquer ton parcours un peu plus en détail ? Comment se passe ton quotidien ? 

 

Erwan : Alors oui j’ai commencé à un niveau totalement amateur à l’Amiens Université Club et à partir de l’année 2021 où j’ai réussi à me hisser à la troisième marche des championnats d’Europe et à la première marche des championnats du monde junior qui se sont déroulés à Tallinn en Estonie et Nairobi au Kenya. Cela a totalement changé ma vie, pratiquer mon sport à l’INSEP à Paris et à côté j’avais aussi un double projet qui est d’allier le sport et les études. Au début c’était un peu difficile mais j’arrive maintenant à concilier les deux et on arrive à trouver du temps pour tout. J’ai la chance d’avoir un programme spécial en école de commerce de parcours de sportif de haut niveau SHN que l’EM Lyon propose et qui me permet d’avoir des cours en distanciel et aussi d’en avoir en présentiel et de pouvoir jongler. 

 

Justement, comment as-tu réussi à allier les deux ? 

 

Erwan : J’ai réussi à structurer tout ça grâce à un emploi du temps sinon c’est très compliqué. Soit le matin, soit l’après-midi j’ai entrainement 2 heures et après je switch avec 4 heures de cours. C’est plus sur le fait de switcher entre le sport et l’école et entre deux les transports qui use un peu.  

 

Au quotidien, puisque tu es à l’INSEP, tu côtoies d’autres sportifs de haut-niveau ? 

 

Erwan : La plupart des sportifs que je vois à l’INSEP sont des sportifs professionnels.  

 

Est-ce qu’au départ ça t’a impressionné ? Comment tu perçois la relation avec les autres athlètes ? 

 

Erwan : Pour moi, c’était totalement naturel, je n’ai pas été impressionné par tout cela car c’était mon objectif et c’était clair depuis longtemps.  

Justement pour revenir au point de départ, comment tu dirais que ton club d’Amiens Université Club Athlétisme qui est un de nos clubs universitaires t’a accompagné dans ta progression ? Car tu as seulement 18 ans. 

 

Erwan : Le club a été totalement formateur pour moi de par mes différents entraîneurs qui m’ont permis d’atteindre ce niveau et c’est une grande famille qui me permet de côtoyer de grands athlètes et de pouvoir échanger et vivre avec eux. Avec Amiens, j’ai pu aller voir de grands championnats et il m’a aussi permis d’avoir des indemnités toutes les années, de pouvoir rembourser mes déplacements dans les compétitions et je trouve ça hyper intéressant et il m’a vraiment pour être au niveau d’aujourd’hui. C’est une grande famille qui nous aide sur tous les points. 

 

Justement, est-ce que tu as encore beaucoup de liens avec ton club ? 

Erwan : C’est quelque chose qui est tout bonnement naturel pour moi après la question c’est d’avoir le temps pour faire tout ça parce ce qu’avec tout ce que j’ai à côté c’est assez compliqué donc j’essaye de me libérer les weekends à Amiens pour les amis et la famille et aussi à Amiens UC pour faire des petits entraînements pour les jeunes et leurs donner des conseils c’est super intéressant et important pour moi. C’est la seule chose que je peux leur donner et si je peux les aider c’est avec plaisir.  

 

A titre personnel, quels sont tes prochains objectifs, cette année et d’ici les trois prochaines années ? Comment vois-tu la suite ? 

 

Erwan : Pour cette année, il y a deux grands championnats, les championnats du monde espoir et les championnats du monde sénior. J’aimerais avoir le double titre de champion du monde qui est tout bonnement dans ma tête tous les jours et je ne veux pas justifier le fait que je sois champion du monde par pur hasard mais par le travail. J’ai aussi l’ambition d’être un des plus forts au niveau mondial toutes catégories confondues, c’est quelque chose d’important pour moi car certes j’ai beau avoir 18 ans, être en junior, dans la tête des gens je dois être fort partout. C’est une source de stress pour nous les sportifs. Il ne faut pas oublier qu’on est sportif, on a 18 ans, on a beau être champion du monde, on a beau avoir fait des superbes perfs’ mais on reste des jeunes adultes. C’est quelque chose qui m’aiderait dans mon évolution et sinon il y a bien-sûr les JO de Paris 2024 d’autant plus que c’est à la maison avec une symbolique encore plus puissante en tant qu’athlète français donc c’est quelque chose d’hyper central pour moi.  

 

Au niveau de cette pression, tu as vu des sollicitations, la médiatisation, le sponsoring, est-ce que tu arrives à gérer ces choses-là ? 

 

Erwan : Oui, il y a beaucoup de choses qui arrivent très vite, le titre c’est bien mais derrière c’est autre chose, il y a une grande médiatisation pour notre sport, l’athlétisme. C’est quelque chose qui nous met au centre de tout ça, qui nous propulse assez haut, qui arrive assez vite et qui est assez compliqué à gérer pour moi. J’ai eu des moments plus difficiles. J’ai eu du sponsoring, un agent, un manager, tout ça arrive comme ça. C’est une chose qui faut savoir appréhender car on peut vite avoir la grosse tête et on peut vite perdre les pieds. Donc heureusement que je suis bien entouré pour tout ça et maintenant ça fait partie prenante de ma vie.  

 

Enfin pour finir l’interview si tu as un ou plusieurs conseils à donner à quelqu’un qui veut performer au plus haut niveau quels seraient-ils ? 

 

Erwan : J’en ai qu’un à donner c’est de croire en soit car pour les championnats du monde personne ne croyait en moi. Il faut garder la tête sur les épaules. Être champion du monde du jour au lendemain ne s’improvise pas et demande de l’entraînement. Il y a que toi qui peut te mettre des limites. 

 

Merci Erwan pour le temps accordé. 

 

Erwan : Merci ! 

interview

 

Interview réalisée par Théo Carlu 

 

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